Jeudi 19 Mai 2005
Le Manifeste des évidences
Voici une lecture très éclairante que je confie (en toute
discrétion : ça doit rester entre nous ;-) à tous ceux qui
sont intéressés par la révolution numérique, l'économie de la
connaissance et de l'immatériel, la mutation des consommateurs
en consom'acteurs, la mondialisation, la puissance des
réseaux, l'avènement du bio, l'explosion du phénomène des
blogs... Bref, à tous eux qui se situent souvent aux
avant-postes, en équilibre sur les brèches de l'avenir, à la
recherche de repères tangibles. Les "quelques lignes" qui
suivent constituent la synthèse des 95 thèses décapantes
exprimées dans un ouvrage qui conserve toute sa fraîcheur: "The
cluetrain manifesto".
Si
vous n'avez le temps que pour une idée cette année, c'est celle
à saisir...
Nous
ne sommes pas des sièges ou des yeux ou des utilisateurs finaux
ou des consommateurs.
Nous
sommes des êtres humains et vous n'avez pas les moyens de nos
ambitions.
A vous de jouer

http://www.cluetrain.com/book/index.html
Le
Manifeste des évidences
Les
marchés en ligne...
Les
marchés en réseau commencent à s'organiser plus vite que les
entreprises qui les ont traditionnellement ciblés. Grâce au web,
ces marchés deviennent mieux informés, plus intelligents et plus
demandeurs en qualités, qui font défaut à la plupart des
entreprises.
... Les
habitants de la Terre
Le ciel
s'ouvre sur les étoiles. Les nuages passent au dessus de nous,
jour et nuit. Les marées montent et descendent. Quoi que vous
ayez pu entendre, ceci est notre monde, notre lieu d'être. Quoi
qu'on ait pu vous dire, nos drapeaux volent librement au vent.
Notre coeur bat à jamais.
Habitants
de la Terre, souvenez vous en.
95
thèses....
- Les marchés sont
des conversations.
- Les marchés sont
constitués d'êtres humains, non de secteurs démographiques.
- Les conversations
entre humains sonnent de façon humaine. Elles sont
menées sur un ton humain.
- Que ce soit pour
discuter d'information, d'opinions, de perspectives,
d'arguments opposés ou humoristiques, la voix humaine est
typiquement ouverte, normale, et naturelle.
- Les gens se
reconnaissent entre eux grâce au son même d'une telle voix.
- L'Internet permet
des conversations entre êtres humains qui étaient tout
simplement impossibles à l'ère des masse-média.
- Les hyperliens
renversent la hiérarchie.
- Au sein des
marchés interconnectés, et des employés intraconnectés,
les gens se parlent entre eux d'une puissante nouvelle façon.
- Ces conversations
en réseau permettent à de puissantes nouvelles formes
d'organisation sociale et d'échange de connaissance,
d'émerger.
- Résultat, les
marchés deviennent plus intelligents, plus informés, plus
organisés. La participation à un marché en réseau change les
gens fondamentalement.
- Les personnes dans
un marché en réseau ont compris qu'elles obtiennent des
informations et une aide bien meilleures, les unes des autres
que des vendeurs. Autant pour la rhétorique corporatiste pour
ce qui est d'ajouter de la valeur à des produits de base.
- Il n'y a pas de
secrets. Les marchés connectés en savent plus que les
entreprises sur leurs propres produits. Et que et que ce
qu'ils découvrent soit bon ou mauvais, ils le répètent à tout
le monde.
- Ce qui se passe
dans les marchés, se passe également parmi les employés. Une
construction métaphysique dénommée "L'Entreprise" est la seule
chose qui les sépare.
- Les entreprises ne
parlent pas la même langue que ces nouvelles conversations en
réseau. Pour leurs audiences en ligne, les entreprises sonnent
creuses, plates et littéralement inhumaines.
- Dans quelques
années à peine, l'actuelle voix homogène des affaires - le son
des rapports de mission et des brochures - semblera aussi
forcée et artificielle que le langage du 18ème siècle à la
cour de France.
- Déjà, les
entreprises maniant boniment et charlatanisme, ne parlent plus
à personne.
- Les entreprises
qui supposent que les marchés en ligne sont les mêmes marchés
que ceux qui regardaient leur publicité à la télévision, se
moquent d'elles-mêmes.
- Les entreprises
qui ne comprennent pas que leurs marchés sont désormais un
réseau d'individus à individus, plus intelligents par
conséquence et très impliqués dans un dialogue, passent à côté
de leur meilleure chance.
- Les sociétés
peuvent désormais communiquer directement avec leur clientèle.
Si elles passent à côté, cela pourrait être leur dernière
chance.
- Les entreprises
doivent réaliser que les marchés rient beaucoup. D'elles.
- Les entreprises
devraient se détendre et se prendre un peu moins au sérieux.
Elles ont besoin d'un sens de l'humour.
- Avoir le sens de
l'humour ne signifie pas mettre des blagues sur le site web
institutionnel. A l'inverse, cela implique de grandes
qualités, un peu d'humilité, du franc parler, et un véritable
point de vue.
- Les entreprises
essayant de se positionner devraient avoir un positionnement.
Dans l'idéal, il correspond à quelque chose qui intéresse
vraiment leur clientèle.
- Les fanfaronnades
ampoulées du genre "nous sommes en position pour devenir le
principal fournisseur de XYZ" ne constituent pas un
positionnement.
- Les entreprises
doivent descendre de leur Tour d'Ivoire et parler avec les
personnes avec lesquelles elles espèrent instaurer une
relation.
- Les relations
publiques ne parlent pas au public. Les entreprises ont
profondément peur de leurs clients.
- En s'exprimant
dans un langage qui est distant, peu attrayant, arrogant,
elles bâtissent des murs pour maintenir à distance leurs
clients.
- La majorité des
programmes marketing sont fondés sur la crainte que les
clients puissent voir ce qui se passe réellement à l'intérieur
de l'entreprise.
- Elvis le dit le
mieux : "Nous ne pourrons pas continuer avec un esprit
soupçonneux".
- La loyauté à une
marque est la version entrepreneuriale de ne rien faire, mais
la rupture est inévitable - et arrive vite. Parce qu'ils sont
connectés, les marchés intelligents sont capables de réévaluer
une relation en un clin d'oeil.
- Les marchés en
réseau peuvent changer de fournisseurs du jour au lendemain.
Les employés informés en réseau peuvent changer d'employeurs
en cours de déjeuner. Vos propres "réductions de personnel"
nous ont appris à nous poser la question : "la loyauté ? c'est
quoi déjà ?"
- Les clients
informés recherchent des fournisseurs qui parlent leur
langage.
- Apprendre à parler
d'une voie humaine n'est pas un truc de parloir. Cela ne
s'apprend pas au cours d'une quelconque conférence.
- Pour parler d'une
voie humaine, les entreprises doivent partager les centres
d'intérêts de leurs communautés.
- Mais avant tout,
elles doivent appartenir à une communauté.
- Les entreprises
doivent se demander où s'arrête leur culture interne.
- Si elle s'arrête
avant que la communauté commence, elles n'auront aucun marché.
- Les communautés
humaines sont fondées sur le dialogue - sur des dialogues
humains à propos de préoccupations humaines.
- La communauté du
dialogue est le marché.
- Les entreprises
qui n'appartiennent pas à une communauté du dialogue sont
condamnées.
- Les entreprises
font un culte de la sécurité, mais c'est pour brouiller les
pistes. La plupart se protège moins de leurs concurrents que
de leur propre clientèle et de leur main d'oeuvre.
- De même que dans
les marchés en réseau, les personnes se parlent directement
à l'intérieur de l'entreprise - et pas uniquement à propos
des règles et régulations, des directives du conseil
d'administration, et des résultats financiers.
- Ces conversations
ont lieu sur les intranets institutionnels aujourd'hui. Mais
uniquement lorsque toutes les conditions sont réunies.
- les entreprises
mettent généralement en place des intranets du haut vers le
bas, pour diffuser les règlements intérieurs et autres
informations internes que les employés font de leur mieux pour
ignorer.
- les intranets ont
naturellement tendance à devenir barbants. Les meilleurs sont
construits de la base vers le haut, par des individus engagés,
coopérant dans le but de construire quelque chose avec plus de
valeur.
- Un Intranet sain
organise les travailleurs dans tous les sens du terme.
Son effet est bien plus radical que le programme de n'importe
quel syndicat.
- Bien que cela
terrifie les entreprises, elles ont également largement besoin
d'intranets ouverts pour générer et partager des informations
critiques. Elles doivent résister à l'envie d'améliorer ou de
contrôler ces conversations en réseau.
- Quand les
intranets institutionnels ne sont pas bloqués par la peur et
les règles juridiques, le type de conversation qu'ils
favorisent, résonnent remarquablement comme les conversations
des places de marché en réseau.
- Les diagrammes
organisationnels fonctionnaient dans une ancienne économie, où
les plans pouvaient être totalement compris au plus haut de la
pyramide manageuriale et que des ordres de travail précis
pouvaient alors être donnés vers le bas.
- Aujourd'hui, la
charte organisationnelle est hyperliée, et non hiérarchique.
Le respect pour la transmission de la connaissance est bien
plus fort que celui pour une autorité abstraite.
- Le management du
style commander-et-contrôler vient de et renforce la
bureaucratie, la lutte du pouvoir et une culture globale de la
paranoïa.
- La paranoïa tue le
dialogue. C'est son but. Mais le manque de dialogue peut tuer
une entreprise.
- Il y a deux sortes
de dialogues en cours. Un à l'intérieur de l'entreprise. Un
avec le marché.
- Dans la plupart
des cas, aucun des deux ne se passe très bien. Pratiquement à
chaque fois, la cause de l'échec peut être ramenée à des
notions obsolètes de l'autorité et du contrôle.
- En tant que
politiques, ces notions sont du poison. En tant qu'outils,
elles ne marchent pas. L'autorité et le contrôle rencontrent
l'hostilité des employés intraconnectés et génère une méfiance
parmi les marchés interconnectés.
- Ces deux
conversations veulent dialoguer l'une avec l'autre.
Elles parlent le même langage. Elles se reconnaissent
mutuellement.
- Les entreprises
intelligentes se pousseront et aideront l'inévitable à arriver
plus vite.
- Si la volonté de
se mettre de côté était un critère d'évaluation du QI, alors
très peu de sociétés seraient dans le coup.
- Aussi subliminal
que cela soit sur le moment, des millions de personnes en
ligne perçoivent maintenant les entreprises comme à peine
mieux que de pittoresques fictions légales qui font de leur
mieux pour éviter que ces conversations ne se croisent.
- C'est du suicide.
Les marchés veulent parler aux entreprises.
- Malheureusement,
la partie de l'entreprise à laquelle un marché connecté veut
s'adresser, est généralement cachée derrière un écran de fumée
de boniments, d'un langage qui sonne faux, et qui
généralement, l'est.
- Les marchés ne
veulent pas parler aux relations publiques et aux
bonimenteurs. Ils veulent participer aux conversations ayant
cours de l'autre côté du mur d'enceinte de l'entreprise.
- Se mettre à nu,
être personnel. Nous sommes ces marchés. Nous voulons vous
parler.
- Nous voulons
accéder à votre information interne, à vos plans, vos
stratégies, vos meilleurs projets, votre sincère connaissance.
Nous ne nous contenterons pas d'une brochure en couleurs, d'un
site web plein à craquer de poudre aux yeux mais sans aucune
substance.
- Nous sommes
également les travailleurs qui faisons fonctionner votre
entreprise. Nous voulons parler aux clients directement de
notre propre voix et non selon des platitudes écrites dans un
scénario.
- En tant que
clients, qu'employés, nous n'en pouvons vraiment plus
d'obtenir notre information via des télécommandes. Quel besoin
avons-nous de rapports annuels impersonnels et des études de
marchés de troisième ordre pour nous présenter les uns aux
autres ?
- En tant que
clients, qu'employés, nous nous demandons pourquoi vous
n'écoutez pas. Vous avez l'air de parler dans une autre
langue.
- Ce jargon
autosuffisant que vous jetez alentours - dans la presse, à vos
conférences - en quoi ça nous concerne ?
- Peut-être que vous
impressionnez vos investisseurs. Peut-être que vous
impressionnez Wall street. Vous ne nous impressionnez pas.
- Si vous ne nous
impressionnez pas, vos investisseurs en seront de leur poche.
Est-ce qu'ils ne peuvent pas comprendre cela ? S'ils le
comprenaient, ils ne vous laisseraient pas nous parler ainsi.
- Vos notions
fatiguées du "marché" rendent vos yeux ternes. Nous ne nous
reconnaissons pas dans vos projections. Peut-être parce qu'on
est déjà aller voir ailleurs.
- Nous aimons
beaucoup plus cette nouvelle place de marché. En fait, nous la
créons.
- Vous y êtes
invités, mais c'est notre territoire. Laissez vos chaussures à
l'entrée. Si vous voulez trinquer avec nous, descendez de
votre cheval !
- Nous sommes
immunisés face à la publicité. Laissez tomber.
- Si vous voulez
nous parler, dites-nous quelque chose. Et quelque chose
d'intéressant, pour une fois.
- On a des idées
pour vous aussi : de nouveaux outils dont nous avons besoin,
de meilleurs services. Des produis que nous sommes prêts à
payer. Vous avez une minute ?
- Vous êtes trop
occupés à faire des affaires pour répondre à nos emails ? Zut,
désolé, on reviendra plus tard. Peut-être.
- Vous voulez notre
argent ? nous voulons votre attention.
- Nous voulons que
vous arrêtiez votre trip, votre névrotique attention sur
vous-même, venez faire la fête.
- Ne vous inquiétez
pas, vous pouvez encore gagner de l'argent. Enfin, à condition
que ce ne soit pas votre seul soucis.
- Avez-vous remarqué
que l'argent en soi, est un peu unidimensionnel et ennuyeux ?
De quoi d'autre pourrait-on parler ?
- Votre produit ne
marche plus. Pourquoi ? On aimerait interroger la personne qui
l'a fait. Votre stratégie d'entreprise n'a aucun sens. Nous
aimerions en discuter avec votre PDG. Comment ça, elle n'est
pas là ?
- Nous voulons que
vous preniez vos 50 millions de clients autant au sérieux,
qu'un seul journaliste du Wall street journal.
- On connaît des
gens dans votre société. Ils sont plutôt sympas en ligne. Vous
en avez d'autres comme ça que vous cachez ? Est-ce qu'ils
peuvent sortir pour venir jouer ?
- Lorsque nous avons
des questions, nous nous tournons les uns vers les autres pour
obtenir des réponses. Si vous n'aviez pas une main si dure sur
"vos gens" peut-être que nous nous tournerions vers eux.
- Lorsque nous ne
sommes pas occupés à être votre "cible de marché", la plupart
d'entre nous sont vos gens. Nous préférions discuter avec des
amis en ligne, plutôt que de regarder l'heure. Cela
diffuserait votre nom d'une façon bien plus efficace que votre
site web à un million de dollars. Mais vous nous dites que
s'adresser au marché, est réservé au service marketing.
- Cela nous ferait
plaisir que vous compreniez ce qui se passe ici. Ce serait
vraiment bien. Mais ce serait une grave erreur que de croire,
que nous allons vous attendre.
- Nous avons de
meilleures choses à faire que de nous soucier de savoir si
vous allez changer à temps pour conquérir notre marché. Les
affaires ne sont qu'une partie de nos vies. Elles semblent
remplir complètement la votre. Réfléchissez-y : qui a besoin
de qui ?
- Nous avons un vrai
pouvoir et nous le savons. Si vous ne saisissez pas le
concept, une autre équipe va débarquer qui sera plus
attentive, plus intéressante, plus sympa pour jouer avec.
- Même dans le pire
des cas, notre toute récente conversation est plus
intéressante que la plupart des salons professionnels, plus
divertissante que n'importe quelle série télé, et certainement
plus proche de la vie que les sites web institutionnels que
vous avons vus.
- Notre allégeance
va à nous-mêmes, à nos amis, à nos nouveaux alliés et
connaissances, et même à nos adversaires. Les entreprises qui
n'ont pas de liens avec ce monde, n'y auront pas de futur non
plus.
- Les sociétés
dépensent des milliards de dollars pour le bug de l'an 2000.
Pourquoi n'entendent-elles pas la bombe à retardement de ce
marché ? Les enjeux sont bien plus importants.
- Nous sommes à la
fois à l'intérieur et à l'extérieur des entreprises. Les
barrières qui délimitent nos dialogues sont comme le mur de
Berlin aujourd'hui, mais elles ne sont qu'un désagrément. Nous
savons qu'elles finiront par tomber. Et nous allons nous
appliquer des deux côtés, à les faire tomber.
- Pour les
entreprises traditionnelles, les conversations en réseau
peuvent sembler confuses, et désarçonnantes. Mais nous nous
organisons plus vite que vous ne le faites. Nous avons de
meilleurs outils, d'avantages d'idées neuves, et aucun
règlement pour nous ralentir.
- Nous nous
éveillons et nous connectons les uns aux autres. Nous
observons. Mais nous n'attendons pas.
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